La puissance poétique de René Ghil - Page 1

Aux temps des dieux

Tout moderne, et voyant de nos modernes âmes,
Des soirs vieux, malgré lui, hors du Vrai, sans paphos
Où des déesses, il s'exile ! et, dans les gammes
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Berceuse de l'après-midi

Il ne veut pas dormir, mon Petit...
Mon petit
Ne veut pas dormir, et rit ! et tend à la lumière
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Dies irae

Un soir l'Orgue d'église aux spasmes des Violons
Montait loin sa douleur sourde en les râles longs :
Voix de genèse, Amour et Trépas, ô pleurs longs !
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Dire du mieux

Pour les Fagots du Four, antre
clair-vespéralement qui se voûte d'ors, où
cuire l'éternel pain rondi, même lors qu'entre
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En m'en venant au tard de nuit

En m'en venant au tard de nuit
se sont éteintes les ételles :
ah ! que les roses ne sont-elles
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Hymne de guerre

Menez-les, les
Chevaux du vent du Sud, à la rivière
Menez-les !... Dans l'entame de leurs plaies
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La ville au loin...

La Ville au loin monte des voeux immolateurs...

Par les vitres en haut, la Ville, - aux Yeux - à perte
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Les herseurs - sous la lune

Ainsi qu'une prière et qu'un ennui, soleilles -
Tu, lune pleine ! haut au haut des peupliers !
Tout a l'air d'eaux : et l'Homme inému des merveilles
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Les yeux de l'aïeule

Vie, et ride des eaux, depuis que hors l'amère
Navrure de ses Yeux son âme ne sourd plus,
De ses Yeux inlassés la Vieille aux os de pierre
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Lieu de lauriers

Tuant, sur un sopha, sonneur des modes las,
Amant des rimes d'or rarissimes et vierges,
Dans les rêves le spleen, - du là-haut morne et gras,
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