Oui, je suis proprement à ton nom immortel
Theodore Agrippa D Aubigne



Oui, je suis proprement à ton nom immortel
Le temple consacré, tel qu'en Tauroscytie
Fut celui où le sang apaisait ton envie :
Mon estomac pourpré est un pareil autel.

On t'assommait l'humain, mon sacrifice est tel,
L'holocauste est mon coeur, l'amour le sacrifice,
Les encens mes soupirs, mes pleurs sont pour l'hostie
L'eau lustrale, et mon feu n'est borné ni mortel.

Conserve, déité, ton esclave et ton temple,
Ton temple et ton honneur, et ne suis pas l'exemple
De l'ardent boute-feu qui, brûlant de renom,

Brûla le marbre cher, et l'ivoire d'Éphèse.
Si tu m'embrases plus, n'attends de moi sinon
Un monceau de sang, d'os, de cendres et de braise.


  

1 Commentaire

  1. Avatar de
    Cochonfucius le 09 Février 2022 à 13:15

    Temple qui voyage
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    Porte-nous sur ton dos, crocodile immortel,
    Nous, prêtres qui devons te consacrer nos vies ;
    Tu pourras dévorer ce qui te fait envie,
    Toi qui sers de support au temple et aux autels.

    Tu auras des poissons, si ton désir est tel,
    Mais aussi ce qu’aux dieux le culte sacrifie ;
    Un pluvian t’instruira dans sa philosophie,
    Puis nous t’abreuveront de fraîche eau de Vittel.

    Garde-toi, cependant, de devenir obèse,
    Pour suivre les chemins tu serais moins à l’aise ;
    L’hédonisme,c’est bien, mais la goinfrerie, non.

    Quelquefois l’architecte agrandira le temple,
    Car sur nos concurrents nous devons prendre exemple,
    Et c’est au premier rang que nous nous destinons.

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