Princesse Letha, dite "Paresse", ne levait le petit doigt que pour deux choses :

  • Chasser les importuns de son domaine

  • Tendre la main vers sa tisane à la ciguë

Elle régnait sur un royaume où l’oisiveté était un art martial. Ses "accidents domestiques" (oreillers empoisonnés, parfums neurotoxiques, raisins piégés) avaient fait taire trois prétendants au trône et un ambassadeur trop bavard.

Ce matin-là, un personnage se rendit à son palais, un personnage peu ordinaire il n’était pas un roi des animaux, mais le Lion : chef du syndicat des tueurs à gages. Il sentait le cigare et la menace. Elle l'invita à entrer et lui servit le thé.

— "Votre dernière victime, la Duchesse de Vepres... était sous ma protection. Vous avez dix secondes pour vous justifier et peser chaque mot que vous emploierez."
— "Elle m'agaçait, voilà tout...", murmura-t-elle en actionnant d’un orteil le piège dissimulé sous le tapis.

Le lustre s’écrasa sur le lion. Légèrement assomé, Il se saisit de son arme, la pointa vers la princesse et tira à cinq reprises, avant que l'arme ne lui échappe.

— "Vous ratez vos tirs ?", bâilla-t-elle, "probablement à cause du cyanure dans votre thé..."

Ses doigts tremblèrent. Désinvolte :
— "Moi, je touche toujours ma cible. Même endormie."

Le Lion s’effondra, foudroyé par le poison.