Le petit âne

Le petit âne

Il était une fois dans un village loin de tout, perdu dans la montagne, un petit âne. Il était tout gris, très sale et très maigre. Le petit âne était si sale que personne ne venait le caresser, le réconforter. Le petit âne appartenait à une famille pauvre du village. Dès l’aube, le père de famille lui accrochait une charrue lourde et bien plus grosse que le petit âne. Accompagné des enfants, il commençait sa longue route au travers des petits chemins escarpés de la montagne. Le père ne lui avait plus mis de fers sur ses sabots depuis très longtemps, ses pieds étaient écorchés, le petit âne avait très mal.

Il fallait arriver jusqu’au sommet de la montagne pour atteindre la source d’eau. Mais le petit âne était très faible, il avançait avec beaucoup de difficultés, il ne sentait plus ses pattes. Plus il ralentissait, plus il recevait des coups de fouet des enfants. Une fois arrivés au sommet de la montagne, les enfants remplissaient les barils d’eau et chargeaient la charrue. Le petit âne devait alors repartir et tirer la lourde charrue. Les lanières qui tenaient la charrue lui lacéraient le dos. Depuis quelques temps, le petit âne était trop éprouvé... Des larmes de douleur coulaient de ses yeux. Les enfants lui donnaient de plus en plus de coups de fouet, l’insultaient, lui jetaient des cailloux. Le petit âne était devenu très faible. Un matin, le petit âne ne se leva pas. Couché sur la paille, il n’avait plus de force...

La famille fut privée d’eau ce jour-là. Le lendemain, les enfants partirent seuls chercher l’eau de la source. Chargés, ils rentrèrent le soir très tard, à la tombée de la nuit. Ils étaient épuisés, ils avaient très mal aux bras d’avoir porté les lourds barils d’eau. Ils comprirent alors la difficulté du travail du petit âne. Un immense sentiment de culpabilité les saisit. Comment avaient-ils pu maltraiter le petit âne qui accomplissait une tâche aussi difficile mais si importante pour la famille ? Dès lors, le plus petit des enfants prit un baril d’eau, des fruits et alla voir le petit âne.

Il prit de l’eau dans la paume de sa main et la porta au museau du petit âne pour qu’il puisse boire. L’enfant éplucha les fruits et les coupa en tous petits dés pour que l’âne qui n’avait plus la force de mâcher puisse avaler les fruits. Enfin, il prit une serviette toute propre et lava l’âne.

Ainsi passa une semaine. Jour après jour, nuit après nuit, le petit âne reçut les soins de toute la famille. Quand un beau matin, le petit âne se leva... Il était beau, son pelage brillait et ses yeux étincelaient. La famille entière pleura de joie et, pour la première fois, le petit âne reçut toutes les caresses qu’il méritait.

Dès le lendemain, le petit âne reprit les routes de montagne. Le père de famille lui avait ferré ses sabots et les enfants le caressaient pour l’encourager. Le petit âne avait enfin le respect qui lui était dû.

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